mercredi 23 avril 2008

Jeanne 2008

Chers amis,
Comme tous les ans, l’Action française organise un défilé national en l'honneur de la sainte de la patrie : Sainte Jeanne d’Arc. A l'occasion de cette manifestation, il sera organisé un week end militant qui viendra compléter le défilé et permettra à tous, provinciaux, parisiens, militants et sympathisants, de se rencontrer et de renforcer des liens dans une amitié d'Action française. Nous demandons à tous de vous mobiliser et de venir participer à ce week end royaliste, afin de montrer notre présence face au régime et également de venir exprimer votre fierté d'être français.

Le programme du week end sera le suivant:

Samedi 10 mai : après midi militante
Fin d'après midi : réunion publique sur le thème "les 40 ans de mai 68" aux locaux de l'AF : 10 rue Croix-des-Petits-Champs 75001 Paris

Dimanche 11 mai : défilé de Jeanne D'Arc : rendez-vous à l'angle de la rue Royale et de la Rue St Honoré à 9h30.

Nous comptons sur votre présence !

Pour que vive la France, vive le Roi!

Amitiés royalistes.

Faut-il brûler le libéralisme ?

Il est bon temps dans un certain milieu de cracher sur le libéralisme digne d’un socialiste. Certes, au XIXème siècle, un libéralisme issu des lumières et anticlérical fut néfaste au trône et à l’Eglise. Mais fut-il un vrai libéralisme, quand celui-ci interdit les associations entre ouvriers, quand la loi de 1901 sur les associations fut restreinte pour les catholiques, quand l’Etat est ultra centraliser et enfin, quand la laïcité fut agressive envers les religions, bien loin de la laïcité américaine qui est libérale, respectueuse des croyances, et même où le président doit juger devant la Bible.

Nous accusons aussi que tous nos maux économiques viennent du «libéralisme sauvage».

Certes, le libéralisme n’est pas parfait, puisque c’est un système proprement humain. Mais justement, il reconnaît l’imperfection de l’homme et sa capacité à s’adopter à se perfectionner, contrairement au socialisme.

Ainsi, quelques vérités sont bonnes à dire.

L’Etat Divin ?

Dans l’Evangile selon Mathieu (4, 1, 11), Satan tente Jésus en le promettant d’être le chef d’Etat de plusieurs royaumes, s’il se soumet et se prosterne devant lui « Le démon l’emmène encore une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer. »

De même, dans la bouche de nos hommes politiques, à chaque problème particulier l’Etat est là pour le régler. L’Etat a remplacé, en quelque sorte les rois thaumaturges, pouvant guérir de tous les maux, mais sans la grâce et l’onction divine. Selon les étatistes, l’Etat est sans péché originel, parfait, omnipotent, un et indivisible et infaillible, l’égal de Dieu.

Et pourtant, l’Etat est composé d’hommes, tenté par le pouvoir absolu, mais qui sont aussi bien imparfaits que vous et moi. Dans ces cas là, comment l’Etat, ou plutôt les hommes d’Etat qui ne sont pas des dieux peuvent s’octroyer le droit d’intervenir dans la vie sociale et économique des gens. Certes, le marché, l’organisation sociale ne sont pas parfaits. Mais les hommes d’Etat le sont de même. Ainsi l’intervention de l’Etat n’arrangera rien, au contraire, elle brisera encore plus les arrangements entre particuliers.

L’Etat, puissance absolue, peut intervenir partout, dans toutes les sphères publiques et privées. La majorité des 10 commandements sont violés par l’Etat ou, il incite à les bafouer.

Premièrement, l’Etat se fait Dieu, or «tu n’auras pas d’autre Dieu que moi».

L’Etat moderne est une abstraction, qui est impossible de dessiner, un peu comme Dieu : «Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre».

Ensuite, l’Etat voit d’un mauvais œil la famille et tente de diminuer le rôle dans l’éducation des enfants, ainsi il viole le commandement : Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne.»

De plus, l’Etat ayant le monopole de la violence se permet de tuer par «raison d’Etat», ou bien en envoyant les citoyens dans les champs de bataille, bien loin du «tu ne tueras point».

De surcroît, Enfin, L’Etat par les impôts volent l’argent gagner honnêtement, et au contraire, ce sont les classes populaires qui en souffrent le plus, ainsi il va contre le commandement : «Tu ne voleras point».

Enfin, l’Etat dans son bon vouloir peut exproprier autrui ou l’imposer dans la limite du supportable et ainsi aller contre le dernier des commandements : «Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain».

En outre, l’Etat moderne est né en réaction contre la papauté. En France par exemple, il est né contre les prétentions du Saint Empire Romain Germanique et de la papauté. Au XVIème siècle, l’Etat s’est accru contre les guerres de religion. L’Etat unissait les français, sous l’autorité certes du roi Très Chrétien, mais de plus la religion.

C’est à l’époque antique et médiévale, où l’Etat était le plus léger que la religion était le plus importants aux populations. C’est à partir de l’époque moderne que la société a commencé à se séculariser, et c’est au XXème siècle, époque de l’athéisme régna que le totalitarisme a pris son essor : "le drame du XXe­ siècle n'est pas né d'un excès de Dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran, restituée dans son contexte et la plénitude de sa signification, qui puisse s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXe­ siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans Dieu". Nicolas Sarkozy.

Oui de l’époque moderne à l’époque actuelle la puissance étatique n’a pas cessé d’accroître au détriment de Dieu. César s’est fait Dieu.

Entre l'Etat païen de l'Antiquité et l'Etat païen de nos jours, il y a l'Eglise catholique, dont l'Etat païen d'aujourd'hui revendique et usurpe l'autorité spirituelle. En tant même qu'athée, l'Etat moderne est totalitaire de plein droit. Etienne Gilson

Pour conclure, je noterai que les premières critiques de l’Etat absolu ou administré de Louis XIV est venu de prélats catholiques.

Le libéralisme antichrétien ?

Je ne nierai pas que les papes, avec leur sagesse ont condamné à maintes reprises le libéralisme philosophique, mais celui-ci était issu des lumières. La principale cause est son rationalisme excluant la foi, et son athéisme.

Ce pendant, il existe une école libérale issue du catholicisme, jamais condamnée par la Papauté.

Tout d’abord, commençons par la fin, mais du début des «lumières».

Le premier penseur libéral français fut un évêque, Fénelon, un des tout premier à avoir critique l’absolutisme de Louis XIV trouvant que ce système l’éloignait du roi Très Chrétien (c’est en partie vrai). En prenant appui sur le droit canon, Fénelon, en homme d’Eglise attaqua la monarchie absolue, pour la promotion d’un gouvernement juste, respectant le droit naturel.

Le gouvernement juste fut modéré par une aristocratie, les Etats Généraux réunissent tous les trois ans, indépendamment du roi. Il annonce par là Montesquieu, mais s’inspire très largement du gouvernement Mixte d’Aristote.

Il ne fut pas un relativiste religieux, puisque lors de ses prêches, il s’en prit au protestantisme.

La liberté ne va pas contre la Vérité « la vérité vous rendra libre ».

Ce pendant, une tradition libérale peut être remonté plus loin, l’école de Salamanque, puis encore plus à Saint Thomas d’Aquin.

Pour faire court, les thomistes de l’école de Salamanque développèrent des idées pré libérales. Premièrement, l’Etat et l’Eglise sont deux réalistes distincts. L’Etat est un concept humain, rien de divin. De là découle une souveraineté populaire (dont l’autorité est détenu par Dieu « Omnis potestas a Deo ») où le peuple se choisit un roi. Cette école a été soutenue par le Pape contre les prétentions absolutistes et de monarchie de droit divin. Ainsi, contrairement à une monarchie de droit divin (théorie hérétique issu du nominalisme et du protestantisme), le peuple a droit à déposer le roi voir au tyrannicide. A l’époque médiévale, il ne fut nul doute que la couronne de nos rois était octroyée par le peuple « à l’origine, les peuples souverains créent des rois par leur suffrage » Philippe Pot. Confirmé plus tard par Louis XV :

"Nous espérons que Dieu, qui conserve la Maison de France depuis tant de siècles, & qui lui a donne dans tous les temps des marques si éclatantes de sa protection, ne luy sera pas moins favorable a l'avenir, & que la faisant durer autant que la Monarchie, il détournera par sa bonté le malheur qui avoit elle l'objet de la prévoyance du feu Roy: Mais si la Nation Françoise éprouvoit jamais ce malheur, ce seroit à la Nation mesme qu'il appartiens droit de le réparer par la sagesse de son choix; & puis que les Loix fondamentales de nostre Royaume Nous mettent dans une heureuse impuissance d'aliéner le Domaine de nostre Couronne, Nous faisons gloire de reconnoitre qu'il Nous eft encore moins libre de dispofer de nostre Couronne mesme: Nous il avons qu'elle n'est a Nous que pour le bien & pour le salut de l'Estat & que par confequent l'Estat seul auroit droit d'en disposer dans un triste événement, que nos Peuples ni prévoyent qu'avec peine, & dont Nous sentons que la feule idée les afflige."

Ils mettent aussi en lumière, le droit naturel. Ainsi, Vitoria défendit les indiens en tant qu’homme bien qu’ils fussent dans une société païenne et pas encore évangélisés. Enfin en économique, ils défendent la propriété privée, les échanges les intérêts… tout ce qu’il fait une économie moderne. Au XVIIIème siècle, c’est ce courant spirituel, « les jésuites » qui seront le fer de lance contre les penseurs des lumières. Le plus célèbre et l’abbé Berthier avec le journal de Trévoux. Louis XV a préféré renvoyé les jésuites avec leurs idées régicides en gardant les penseurs des lumières, tel Voltaire qui fut un absolutiste. « Louis XIV sans les jésuites ».

Enfin, je terminerai avec Montalembert, chef de fil des libéraux catholiques (à ne pas confondre avec les l catholiques libéraux comme Lamennais). Celui-ci voulait que le catholicisme soit libéré de la tutelle de l’Etat et réclamait pour les catholiques, la liberté de presse, d’opinion, d’enseignement, de conscience et de culte et une France décentralisée renouant avec l’époque médiévale et voit dans les libertés provinciales le « contrepoids naturel du pouvoir politique ».

Ainsi, le libéralisme s’est attaqué contre un Etat qui a pris la place de Dieu. Quand l’Etat était faible, la chrétienté rayonnait (l’époque médiévale), depuis 5 siècles, l’Etat s’est renforcé pour connaître l’apogée au XXème siècle avec les socialismes (national ou communisme) et c’est là où l’athéisme a été le plus fort. Comme l’indique Charles Gave dans Un libéral nommé Jésus, les régimes socialistes se sont toujours pris aux religieux, jamais des pays libéraux qui sont pour la liberté de conscience et de religion par principe.

De la nécessité de défendre le libéralisme, actuellement contre la République.

Depuis la fin du XIXème siècle, c’est-à-dire l’instauration de la République les lois françaises ne sont plus d’essence libérale, nous l’avons vue avec la fausse séparation de l’Eglise et de l’Etat et de la liberté d’association sont des exemples. Mais depuis 1945, nous voyons des lois qui ont une philosophie d’essence marxiste : avec des « droits à » : au logement, à la santé, à l’école… qui renforce le rôle de l’Etat. Depuis 2005, nous avons la HALDE qui interdit à un employé ou un propriétaire de choisir librement son employé ou son locataire, sous peine d’être traité de fasciste, raciste, machisme… enfin bref « d’être d’extrême-droite ».

Quelles sont les solutions libérales qui pourraient résoudre certains de nos problèmes ?

Une saine laïcité :

« L'Etat est toujours antireligieux, même quand il administre la religion, surtout quand il l'administre; car il ne l'administre que pour la supprimer comme religion véritable » Emile Faguet.

Sous le nom de la Séparation de l’Eglise et de l’Etat se cache en fait un gallicanisme républicain. Jusqu’à Benoit XVI, les papes par exemple n’étaient pas tout à fait libres de choisir les évêques de France, le président de la République donnait son choix. Nous voyons les résultats.

La République et la démocratie moderne ont absorbé les religions. Il est bon ton dans les épiscopats d’affirmer que la démocratie et les valeurs de la République se retrouvent dans les Evangiles. De prendre position, dans le sens du politiquement correct (immigration en particulier) quitte à être à l’opposé de la Doctrine Sociale de l’Eglise.

Les lois sur les discriminations pourraient s’appliquer à l’Eglise Catholique qui doit se soumettre à la « volonté générale » et accepter la prêtrise des femmes, le mariage des prêtres, le mariage entre homosexuels…. L’Etat se permet de changer des dogmes de l’Eglise mais interdit à l’Eglise de participer à la vie politique, voir à des catholiques.

Ainsi, dans une « saine laïcité » d’essence libérale, les catholiques pourraient préserver leurs dogmes, leurs rites et s’organiser par eux-mêmes nous verrons par la suite dans quels domaines.

2. Les catholiques dans la cité.

Cette même laïcité n’interdit pas aux catholiques de participer à la vie politique. Au nom de la laïcité « à la française » des « catholiques » se permettent d’avoir deux consciences : l’une le dimanche, l’autre en semaine quand ils votent des lois anticatholiques.

La République rend très difficile la création d’école libre selon ses opinions, ses croyances. L’école libre avec contrat est soumise au programme « républicain et démocratique » pouvant aller contre le cours du catéchisme. L’école libre est devenue la roue de soupape de l’école publique qui en perdition.

Comme les catholiques, les libéraux sont pour la liberté de choix de l’école, d’enseignement, tous ce qui peut permettre aux catholiques de former des bons esprits selon la doctrine sociale de l’Eglise.

Enfin, l’Etat socialiste a transformé, la vertu théologale de la charité en solidarité imposé et imposable. Pire encore. Si nous aidons notre voisine âgée à faire du jardinage sans être payé, l’Etat pourrait voir en vous un esclave. La charité privée plus efficace doit être prioritaire dans la politique sociale. Cela fait parti d’une citoyenneté active et plus humain d’avoir affaire à des individus qu’à des services étatiques.

Enfin l’immigration. Gérée par l’Etat c’est une catastrophe, nous le voyons depuis trente ans. Les libéraux sont pour la liberté de circulation. Si les immigrés venaient par invitation par des particuliers, entreprises ou associations, sous leurs responsabilités, l’immigration serait moindre, de meilleure qualité et poserait moins de problème. Encore une fois l’Etat est le problème.

A l’heure où les libertés d’expression, d’opinion, d’enseignement, de choisir son employés ou son locataires sont menacées, il serait de nous unir à un certain courant libéral. Le libéralisme, qui comme toutes les idéologies n’est pas parfaites, semble être la moins pire et peuvent nous permettre de combattre la République socialisante.