vendredi 20 mars 2009

Communiqué du Centre Royaliste d'Action Française

Nadine Morano, prétendument ministre de la « famille », s’avisant que les temps changent, avec presque 10% de familles recomposées et 14% de familles dites « monoparentales », nous propose une loi élargissant aux tiers la possibilité de partager la garde des enfants. Bien entendu ces tiers peuvent être des homosexuels, d’où une réaction fort pertinente du ministre du logement Christine Boutin qui voit dans cette loi une réintroduction détournée de la notion d’ « homoparentalité ».

Il est quand même étonnant qu’une fois de plus le désir d’enfant des adultes prenne dans notre législation le pas sur le droit des enfants à avoir une famille la plus équilibrée possible selon le droit naturel.

L’argument de madame Morano est fort discutable car il s’appuie sur la progression constante depuis ces trente dernières années de la décomposition du tissu familial, ce que les sociologues définissent pudiquement par le phénomène d’ « individuation ».

Le système libéral considère l’individu comme consommateur et se méfie des communautés naturelles comme les familles ou celles dites de destin selon l’expression de Gustave Thibon, comme la province ou la nation, et pousse à l’individualisme. Ainsi ce n’est plus comme communauté qu’est considérée la famille, mais comme un droit au bonheur…Une forme de consommation en quelque sorte. Tout le monde doit avoir sa voiture, son réfrigérateur et son enfant…Soljenitsyne parlait du naufrage spirituel de l’occident, lequel s’observe par la perte du sens, du bon sens commun qui devrait guider nos édiles dans leurs choix politiques. Bien sûr, une telle décision serait pain béni pour le mouvement gay et lesbien, toujours prêt à s’engouffrer dans les brèches législatives.

Nadine Morano pense donc qu’il faut être de son temps en accompagnant les mœurs. Mais méfions nous de ces raisonnements spécieux : 25,1 % des hommes de 12 à 75 ans déclarent consommer une boisson alcoolisée tous les jours de l’année, pour les 65-75 ans on atteint 65,8 % . Doit on en déduire qu’il faut légiférer en systématisant l’usage de l’alcool ?

Autrement-dit, les familles éclatées, recomposées et homoparentales doivent elles être considérées comme les expressions de la nouvelle norme familiale ?

Le Centre Royaliste d’Action Française met solennellement en garde le gouvernement de la République : Les familles de France en ont assez d’être aspirées vers le bas par des législateurs lâches qui alignent avec démagogie leurs réformes sur les demandes et les aspirations les plus douteuses et bien en vogue chez ceux qui font l’opinion. Les conséquences d’une telle politique seront désastreuses aussi bien au plan social qu’au plan éthique.

Nous ne voulons pas de la société que vous nous préparez.

Olivier Perceval

vendredi 6 mars 2009

L'économie chez Jacques Bainville.

Jacques Bainville (1879-1936), membre de l'Académie Française, historien, mais peu connu comme chroniqueur économique. Pour connaître ses idées économiques, lisez ces extraits d'articles :

"L'épargne est l'origine du capital comme elle est la justification morale du capitalisme, puisqu'elle représente une privation, un effort et même un sacrifice. Car celui qui ne consomme pas tout ce qu'il a gagné pense aux autres au lieu de penser à lui-même. Il pense à ses enfants, à ses successeurs. Il pense, sans le savoir à tout le monde. Il n'y a eu de civilisation qu'à partir du jour où des hommes, au lieu de manger tout le gibier de leur chasse et de se gaver, ont fumé ou salé de la viande, ce qui a permis à la tribu de se livrer à d'autres travaux." L'Action française du 6 juin 1925.

"Il est aisé de médire du capital. On peut, à loisir, l'appeler "odieux". La difficulté est de le remplacer et de ne pas avoir besoin de lui. Qu'il soit indispensable, c'est sa justification pratique et aussi morale. Qu'est-ce, en effet, que le capital ? C'est de l'épargne. Et que représente l'épargne ? Un effort, un sacrifice, une privation. Le premier capitaliste a été le chasseur des âges primitifs qui, au lieu de dévorer toute sa venaison, en a fumé ou salé une partie, pour mettre sa famille à l'abri de la faim. Au commencement de l'épargne, il a le renoncement à un plaisir immédiat." Le Capital, 7 octobre 1927.

"Nous nous appercevons que le développement du confort et la diffusion du bien-être tiennent au développement même du capitalisme." Le Capital, 19 juillet 1928.

"En Allemagne, en Angleterre, les assurances sociales prêtent à des abus désastreux. Elles constituent une charge écrasante pour le budget, car, bien entendu, c'est sur le budget qu'elles retombent. On a fait, surtout en Allemagne, des peintures très exactes des effets qu'elles produisent non seulement au point de vue financier, mais au point de vue moral et psychologique." La Liberté, 17 juin 1929.

"Rien de plus terrible que la liberté donnée à l'Etat d'imprimer du papier-monnaie. Cette liberté, la Révolution en avait abusé. La Banque avait été interposée entre l'Etat et la redoutable machine à fabriquer des billets. Tant que la Banque a gardé son indépendance, le gaspillage financier, inhérent aux démocraties, a été contenu en France par ce garde-fou." L'Action française, 2 novembre 1925.

"L'impôt sur le revenu devient une monstruosité quand on l'applique comme chez nous. C'est-à-dire qu'on l'applique seulement à un certain nombre de personnes." L'Action française, 22 avril 1934.

"La vérité, remarque le professeur viennois von Mises, c'est que le capitalisme, fondé sur l'initiative et la responsabilité, a été vaincu par le socialisme et vaincu, si l'on peut ainsi dire, dans son âme parce qu'il a fini par céder à l'étatisme et à l'interventionnisme et parce qu'il s'est placé lui-même sous la protection de dieu Etat. Le Dr von Mises conclut que si le monde n'est pas encore entièrement ruiné, c'est parce que le capitalisme n'a pas encore entièrement disparu." Le Capital, 12 septembre 1932.