jeudi 2 octobre 2008

La nation chez Adam Smith

Adam Smith a fait précéder sa théorie économique de son célèbre Essai sur la nature et les causes de la richesse des Nations (1776), par des travaux de philosophie morale, Théorie des sentiments moraux (1759).

Il emprunte aux stoïciens les deux idées selon lesquelles chacun à le devoir d'assurer d'abord sa propre survie et est mieux à même de le faire qu'aucun autre. En économie, cela aboutira à sa doctrine du libéralisme : il faut laisser chacun poursuivre ses propres buts et, ce faisant, chacun participera à la prospérité du tout. Cette intuition s'est révélée juste. L'économiste Friedrich Hayek, Prix Nobel d'économie 1972, a montré que le consommateur savait mieux que le planificateur ce qui était bon pour lui.

Mais cette économie de marché ne fonctionne que si préexiste un contexte culturel préalable : valeurs morales du travail, de l'épargne, du risque, de l'entreprise, de l'honnêteté. Sans ce cadre moral, les mécanismes ne peuvent donner la plénitude de leurs résultats, d'où les problèmes de nombreux pays sous-développés, dont l'armature culturelle est difficilement compatibles avec le fonctionnement d'une économie de marché.

Le raisonnement d'Adam Smith sur le rôle de chaque individu qui, en poursuivant ses objectifs propres, participe au bien général s'applique également aux nations. Adam Smith, dans sa Théorie des sentiments moraux, met le patriotisme au premier rang des valeurs civiques. Il condamne sans appel le cosmopolitisme. Il appartient à Dieu de se préoccuper de toute l'humanité. L'homme, ayant des lumières plus modestes, doit se préoccuper en priorité de ses proches, de sa famille et de sa nation. Pour Adam Smith, la nation est tout particulièrement importante dans l'ordre de la morale naturelle, car notre sécurité et notre prospérité dépendent directement de la sécurité et de la prospérité de la patrie. On ne peut être libre sous occupation étrangère.

Adam Smith précise bien : "Nous n'aimons pas notre pays seulement comme une part de l'humanité. Nous l'aimons en soi, indépendamment de ce genre de considération." Dans les relations internationales, Adam Smith estime que si chaque nation défend son propre intérêt, elle participera mieux à la prospérité du tout que si elle prétend gérer directement les intérêts de l'humanité. Adam Smith reproche aux hommes de système de vouloir diriger les hommes comme des pièces sur un jeu d'échec.

Les hommes comme les nations sont les mieux à même de savoir ce qui est bon pour eux ou pour elles.

Les cosmopolites, comme les planificateurs, ont le plus haut degré de l'arrogance. Car ils croient savoir ce qui est bon pour eux.

L'homme est naturellement attaché à sa famille et à sa nation. il faut donc le laisser en priorité s'occuper de ses enfants : il le fera mieux que l'Etat. Il faut aussi le laisser être patriote. C'est en aidant à la prospérité et à la sûreté de sa patrie qu'il aidera le plus sûrement l'humanité.

Adam Smith concevait les libertés comme émanant des traditions nationales et non d'un raisonnement en termes de droits absolus et abstraits.

lundi 29 septembre 2008

Le coût d'une Monarchie

L’un des arguments souvent opposés à la Monarchie est son coût qui serait forcément dispendieux… Dans un article publié il y a deux ans par « Le Figaro », Stéphane Bern remet quelques pendules à l’heure : « La reine et sa nombreuse famille coûtent à chaque contribuable britannique 62 pence par an, soit 90 centimes d’euros, un montant en légère augmentation dû au renforcement des mesures de sécurité autour des Windsor.

(…) A y regarder de plus près, le coût de la monarchie a augmenté l’an passé de 4,7 % pour un montant global de 37,4 millions de livres sterling (54,2 millions d’euros), soit une répercussion d’un penny par an et par citoyen.

« Pour 62 pence, on peut s’acheter un billet pour voir une minute du match Angleterre-Portugal samedi en quarts de finale », a plaisanté Alan Reid. Il aurait pu donner d’autres exemples pour illustrer le coût de la famille royale à une époque où chaque institution doit justifier son existence par une rentabilité forcenée (…).

Combien de temps faudra-t-il encore que la reine d’Angleterre justifie le fait d’être une icône vivante pour un milliard de sujets à travers le Commonwealth ?

Après tout, elle rapporte dix fois ce qu’elle coûte à nos voisins dans la balance des paiements ! Quel touriste japonais irait faire le pied de grue devant Buckingham Palace sous une pluie cinglante si la reine ne justifiait pas une relève de la garde colorée ? sans compter l’abondance de palais royaux à visiter dont la couronne peine à financer l’entretien sur ces 62 pence par an.

« La famille royale est, dans ce pays, la seule chose qui vaut ce qu’elle nous coûte » avait dit un jour ministre travailliste. De fait, loin de toute polémique, la maison de Windsor est une valeur sûre, comparée à l’argent public gaspillé par certains membres du cabinet de Tony Blair. (…)

D’autant que, chaque année, toujours pimpante à 80 printemps, la reine effectue quatre cents engagements, reçoit des centaines de dignitaires internationaux, régale des dizaines de milliers de convives, représente la Couronne dans le monde entier et entretient une famille nombreuse qu’elle utilise comme des agents publicitaires et touristiques. (…)

A titre de comparaison, le coût de la présidence de la République française est de 82,5 millions d’euros, soit 1,30 euro par an et par habitant. »

Stéphane Bern pourrait y rajouter le coût d’une élection présidentielle, plus élevée à chaque fois, du fait des frais de « communication »…

D’autre part, il n’est pas certain que l’actuel locataire de l’Elysée soit aussi populaire que la famille royale anglaise dans son pays…

Certains rétorqueront que le poids d’un président français est plus important que celui de la reine d’Angleterre ; sans doute, et cela tient aussi à l’histoire constitutionnelle et politique propre à la France, en particulier dans le cadre de la Ve République fondée par un véritable homme d’Etat conscient de son rôle et de ses devoirs, même si la pratique de celui-ci peut susciter des critiques en certains domaines. Mais, et sans même évoquer ce que serait cette Monarchie active « à la française » que nous appelons de nos vœux et qui serait forcément différente de la Monarchie britannique, il n’est pas inutile de rappeler la fameuse phrase de Régis Debray, ancien conseiller de François Mitterrand : « Il manque à la République une famille royale »… Et il ajoutait que celle du Royaume-Uni jouait un rôle important dans la pérennité du Commonwealth en la comparant au rêve pas vraiment réalisé d’une Union francophone mondiale qui jouerait le même rôle d’influence…

Si l’on veut diminuer le train de vie de l’Etat, encore serait-il bon que sa magistrature suprême donne l’exemple : sans doute, par économie aussi, faudrait-il faire appel à ce qui n’est pas le Pouvoir d’un homme mais celui d’une famille. Le cas britannique peut y faire réfléchir…

JP Chauvin

jeudi 25 septembre 2008

Bainville : l'homme et l'héritage

Bainville se servait de l'histoire comme le biotope du politique

Heureuse et salutaire initiative que cette réédition du remarquable travail de Christophe Dickès, issu de sa thèse de doctorat d'histoire soutenue en 2004, et consacrée à Jacques Bainville. On connaît louvrage des Dominique Decherf, Bainville, l'intelligence de l'histoire et l'opus de Dickès vient avantageusement compléter la mince bibliothèque universitaire bainvillienne.

La politique par l'histoire

Dès la première page de son introduction, l'auteur marque sa surprise de «voir la pauvreté de la littérature sur cet homme et son oeuvre », précisant que « depuis sa mort en 1936, on recense en effet moins d'une dizaine d'étudiants ou d'universitaires français qui se sont penchés sur ses écrits». Il est vrai qu'à côté du méridional Maurras, son maître, Bainville, plus septentrional par ses origines lorraines, s'est toujours montré plus discret au sein de la jeune et remuante Action française du début du XXe siècle. À travers son objet d'étude, Dickès nous donne à revisiter toute l'histoire européenne de 1815 à l'avènement d'Hitler, indiquant par là combien Bainville se faisait fort de scruter les moindres événements politiques, économiques et sociaux en vue d'en dévoiler les ressorts les plus intimes. Véritable horloger suisse dans le domaine de la géopolitique, Bainville se servait de l'histoire moins comme d'un éclairage (posture classique de l'historien qui cherchera avant tout à collecter une somme sur telle époque ou tel personnage) que comme le biotope du politique par excellence.

L'homme Bainville

Un homme étant, selon Aristote, un animal politique, c'est tout naturellement que Bainville lui consacrera une place centrale dans l'observation des faits sociaux: «L'homme, à toutes les époques et dans tous les siècles, se ressemble, il a les mêmes passions, il raisonne et il se comporte de la manière dans les mêmes cas. C'est le point capital. Hors de là, il n'y a qu'erreur et fantaisie». Serait-il alors impropre de considérer Jacques Bainville comme le précurseur de l'anthropologie politique, voire, plus largement, de la science politique moderne, dans la mesure ou, s'inspirant de Sainte-Beuve, Bainville imprimera à son uvre une rigueur autant qu'une consistance scientifique ? Mais l'apport de la thèse de Dickès consiste surtout à extraire Bainville du mouvement royaliste d'Action française dont il était l'un des animateurs brillants, pour en retenir l'homme Bainville, le penseur autonome, spécialiste pointu de l'Allemagne (polyglotte, il parte l'allemand, l'anglais et comprend l'espagnol), diplomate, économiste averti, chroniqueur au Capital (on lui prête d'ailleurs cette formule selon laquelle, s'il s'était appliqué à lui-même ses propres conseils boursiers, il aurait fait fortune). Bainville croyait en la réconciliation franco-allemande, au lendemain de la défaite de 1870, ce qui suffit à relativiser la germanophobie qu'on lui accole trop souvent sans discernement, laquelle était d'ailleurs caractéristique de l'intransigeance de Maurras sur cette question.

Bainville, l'héritage

Mais Bainville, grâce à cette méthode que Maurras baptisera l'empirisme organisateur, restera pour ses terribles Conséquences politiques de la paix, ouvrage prophétique dans lequel il entrevoit avec une lucidité froide, la Seconde Guerre mondiale et le réveil d'une Allemagne devenue nationale-socialiste à cause de son unification retrouvée.

Christophe Dickès révèle également un Bainville inattendu, en proie à des états d'âme qui le conduiront a un nihilisme, lequel était «une tentation et non un absolu». Sa fidélité à ses amis de l'Action française l'empêchera sûrement d'embrasser une carrière que le «Tout-Paris», avec lequel il entretenait d'étroites relations, s'empressait pourtant à lui offrir sur un plateau, ce au gré des opportunités. Dans le fond, et c'est ce qui le rend profondément attachant y compris, probablement, pour ses propres ennemis, «Bainville, par-delà son analyse, laisse en effet une grande part à la puissance des sentiments, lui qui était considéré à tort par ses contemporains comme un homme froid». Tombée dans l'oubli après guerre, son oeuvre connaît un regain au lendemain de la chute du mur de Bertin. Et s'il est un homme encore actuel, c'est par sa méthode, mêlant observation des faits, prise en compte du principe de causalité, connaissance de L'histoire et de la psychologie humaine.

À l'heure où, dans notre vieille Europe, les nations sont en pleine décomposition (alors que d'autres, dans cette même vieille Europe, montrent qu'elles ne veulent pas sombrer dans le maelström babélien), il est opportun de se demander pourquoi celles-ci sont pourtant plus que vitales à la survie de l'Europe. Il est primordial pour nos gouvernants de plonger dans notre histoire pour y trouver la bonne réponse, car, comme le disait Bainville, «un homme politique qui ne connaît pas son histoire est comme le médecin qui n'est jamais allé dans un hôpital».

ARISTIDE LEUCATE


Christophe Dickès : Jacques Bainville - Les lois de la politique étrangère. Bernard Giovanangeli Editeur - 2008 - 23 euros.

mercredi 16 juillet 2008

Eric Woerth, ministre croupion

Dans une vidéo réalisée par Alain Lambert, ex-ministre du Budget, qui tourne sur le net, Gilles Carrez, rapporteur (UMP) général du budget, flingue en direct Christine Lagarde et Eric Woerth. Il les accuse de brader le budget de l'Etat en cédant à tous les lobbies qui réclament des baisses d'impôts.

On voit que l'Etat, qui se trouve entre les mains de politiciens représentants des intérêts privés, cultive les déficits pour subventionner largement un tas d'organismes, sociétés, associations, qui n'ont que peu de rapports avec ses missions régaliennes : police, défense, finances, justice, comme par hasard mises au régime des plus secs. Et nos politiciens promettent, accordent, dépensent, dégrèvent, selon la puissance des lobbys, sans se préoccuper si l'argent existe pour donner ainsi.

J'ai comme l' impression, fort désagréable, qu'il n' y a plus de pilote dans l' avion, mais plutôt une bande de rigolos et glandeurs venus de partout qui ramènent leur fraise, donnent deux ou trois leçons farfelues à la piétaille que nous sommes, se servent en subventions, honoraires, indemnités, cadeaux, et pleurnichent qu'il y a trop d' Etat, alors qu'ils passent leur temps à s'en servir.
En fait, la gestion publique est entre les mains de politiciens qui sont la pour se servir de l'Etat, des politiciens cherchant plus à faire plaisir à leurs "amis" qu'à s'occuper de la France, du travail, des petites gens et du lendemain.

mercredi 9 juillet 2008

Pourquoi l'Irlande a eu raison ?

Parce que la construction européenne n'a pas de légitimité : au plan historique comme au plan politique elle n'en n'a pas. D'entrée de jeu, l'Europe s'est construite par le haut
Il faut donc en déduire que les élites européennes et non les peuples y trouvent des intérêts supérieurs pour elles-mêmes. Ainsi la construction européenne se fait sans les peuples, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscurs des cours de justice.
Voilà 35 ans que toute une oligarchie d'experts de juges de fonctionnaires, de gouvernants prend au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions. L'Union européenne, fer de lance de l'idéologie mondialiste va en réalité à l'encontre des vrais intérêts des peuples et des nations d'Europe

Parce que l'Union européenne qui a déjà dépensé depuis sa création et continue de le faire des centaines de milliards d'euros avec un rendement faible dont une partie est régulièrement détournée. C'est devenu une immense machine incontrôlable occupant des dizaines de milliers de commissaires, juges, experts, traducteurs et autres fonctionnaires, intervenant sur tous les sujets, sans légitimité démocratique puisque non élus. Eurocrates, assiégés en permanence par des milliers de lobbyistes qui défendent leurs intérêts particuliers

Parce que dans l'histoire, tous les empires ( celui d'Alexandre, romain, ottoman, chinois, pré-colombien, espagnol, allemand, français anglais, russe) contrairement aux Etats-nations qui n'ont fait que s'étendre en nombre, se sont effondrés dans des anéantissements les plus coûteux en vies humaines comme en désastres économiques. Il faut en tirer la conclusion que l'Etat-nation a été et demeure la structure la plus adaptée d'une économie efficace de la protection des peuples et de l'expression des valeurs démocratiques Or un super-Etat serait inadapté
D'abord il serait économique inefficace dans son fonctionnement, ce qui signifie qu'il n'apporterait pas aux citoyens de meilleurs services publics ni de meilleurs coûts de production. Il coûterait plus cher en impôts
Ensuite cela entraînerait
une multiplication de lois et règlements supplémentaires, aux fins supposées d'harmonisation des législations nationales qui les paralysent
Enfin on constate que partout dans le monde les grandes structures subissent des forces centrifuges qui les fragmentent et les désintègrent
En conclusion dans un environnement de compétition pour l'efficacité maximale le poids d'un super Etat trop lourd à porter cassera la croissance
A l'heure du déferlement chinois on ne met pas en place une administration de l'Europe de type napoléonien ou soviétique avec un Etat, une monnaie, une Banque centrale, un Parlement, une commission, une Cour de Justice et un Conseil pour gérer la vie de plus de 460 millions d'habitants qui n'aspirent qu'à la démocratie participative


Parce que l'euro est une création artificielle politique créée pour rendre irréversible l'intégration des états-membres dans l'union et la construction institutionnelle et politique de l'UE. La convergence annoncée entre les conjonctures des pays-membres de l'euroland comme celle de leurs niveaux de prix ou de leurs taux d'inflation ne s'est nullement produite. C'était d'ailleurs attendu : les conjonctures sont trop différentes. Actuellement par exemple la quasi récession en Allemagne et, à un moindre degré en France appellerait une baisse du taux d'intérêt et une baisse du taux de change alors que la vigueur de l'expansion en Espagne demanderait une politique inverse
C'est la transposition d'un modèle étatique, dirigiste et constructiviste alors qu'une monnaie commune mais non unique aurait été préférable

Etrange renoncement que cette abdication de vieux peuples qui semblent fatigués de lutter pour leur souveraineté. Alors que survivre à la mondialisation est une lutte impitoyable qui nécessite de s'armer pour la guerre économique, faire croire aux peuples comme le font les dirigeants européens actuels qu'ils peuvent jouir sans effort de la bienveillance universelle en s'en remettant à l'Union, est criminel
Etrange renoncement de cette France qui a inventé un modèle d'équilibre politique auquel elle a renoncé non parce qu'il est périmé mais parce qu'elle n'y croit plus
Avec la construction d'un super Etat européen, nécessaire à l'arbitrage entre les intérêts nationaux et communautaires comme à l'administration de l'ensemble, l'UE deviendra un mammouth follement coûteux ingérable et obsolète ce qui signifiera la fin de toute capacité d'adaptation ou d'opposition aux forces déstabilisatrices de la mondialisation

L'idée qui consiste à considérer les Etats-nations comme des ensembles dépassés, incapables d'assurer leur stabilité politique comme leur croissance est absurde parce que constamment démenti par les faits
Au même titre que la perte d'une langue est une tragédie pour la diversité culturelle du monde et que l'institution d'une langue universelle prépondérante (du type Espéranto) dans les instances internationales serait une action totalitaire

jeudi 5 juin 2008

Traité de Lisbonne : la Ligue du Nord veut un référendum

Le gouvernement italien a adopté un projet de loi sur la ratification du traité de Lisbonne. Mais la Ligue du Nord a émis des « réserves », et « proposera une loi sur un référendum » lorsque le texte viendra devant le Parlement. « Nous sommes face à un cas grave d’abandon de souveraineté, la consultation populaire ne doit pas être évitée », a souligné Roberto Calderoli, membre de la Ligue et ministre de la Simplification des lois.

mercredi 23 avril 2008

Jeanne 2008

Chers amis,
Comme tous les ans, l’Action française organise un défilé national en l'honneur de la sainte de la patrie : Sainte Jeanne d’Arc. A l'occasion de cette manifestation, il sera organisé un week end militant qui viendra compléter le défilé et permettra à tous, provinciaux, parisiens, militants et sympathisants, de se rencontrer et de renforcer des liens dans une amitié d'Action française. Nous demandons à tous de vous mobiliser et de venir participer à ce week end royaliste, afin de montrer notre présence face au régime et également de venir exprimer votre fierté d'être français.

Le programme du week end sera le suivant:

Samedi 10 mai : après midi militante
Fin d'après midi : réunion publique sur le thème "les 40 ans de mai 68" aux locaux de l'AF : 10 rue Croix-des-Petits-Champs 75001 Paris

Dimanche 11 mai : défilé de Jeanne D'Arc : rendez-vous à l'angle de la rue Royale et de la Rue St Honoré à 9h30.

Nous comptons sur votre présence !

Pour que vive la France, vive le Roi!

Amitiés royalistes.

Faut-il brûler le libéralisme ?

Il est bon temps dans un certain milieu de cracher sur le libéralisme digne d’un socialiste. Certes, au XIXème siècle, un libéralisme issu des lumières et anticlérical fut néfaste au trône et à l’Eglise. Mais fut-il un vrai libéralisme, quand celui-ci interdit les associations entre ouvriers, quand la loi de 1901 sur les associations fut restreinte pour les catholiques, quand l’Etat est ultra centraliser et enfin, quand la laïcité fut agressive envers les religions, bien loin de la laïcité américaine qui est libérale, respectueuse des croyances, et même où le président doit juger devant la Bible.

Nous accusons aussi que tous nos maux économiques viennent du «libéralisme sauvage».

Certes, le libéralisme n’est pas parfait, puisque c’est un système proprement humain. Mais justement, il reconnaît l’imperfection de l’homme et sa capacité à s’adopter à se perfectionner, contrairement au socialisme.

Ainsi, quelques vérités sont bonnes à dire.

L’Etat Divin ?

Dans l’Evangile selon Mathieu (4, 1, 11), Satan tente Jésus en le promettant d’être le chef d’Etat de plusieurs royaumes, s’il se soumet et se prosterne devant lui « Le démon l’emmène encore une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer. »

De même, dans la bouche de nos hommes politiques, à chaque problème particulier l’Etat est là pour le régler. L’Etat a remplacé, en quelque sorte les rois thaumaturges, pouvant guérir de tous les maux, mais sans la grâce et l’onction divine. Selon les étatistes, l’Etat est sans péché originel, parfait, omnipotent, un et indivisible et infaillible, l’égal de Dieu.

Et pourtant, l’Etat est composé d’hommes, tenté par le pouvoir absolu, mais qui sont aussi bien imparfaits que vous et moi. Dans ces cas là, comment l’Etat, ou plutôt les hommes d’Etat qui ne sont pas des dieux peuvent s’octroyer le droit d’intervenir dans la vie sociale et économique des gens. Certes, le marché, l’organisation sociale ne sont pas parfaits. Mais les hommes d’Etat le sont de même. Ainsi l’intervention de l’Etat n’arrangera rien, au contraire, elle brisera encore plus les arrangements entre particuliers.

L’Etat, puissance absolue, peut intervenir partout, dans toutes les sphères publiques et privées. La majorité des 10 commandements sont violés par l’Etat ou, il incite à les bafouer.

Premièrement, l’Etat se fait Dieu, or «tu n’auras pas d’autre Dieu que moi».

L’Etat moderne est une abstraction, qui est impossible de dessiner, un peu comme Dieu : «Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre».

Ensuite, l’Etat voit d’un mauvais œil la famille et tente de diminuer le rôle dans l’éducation des enfants, ainsi il viole le commandement : Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne.»

De plus, l’Etat ayant le monopole de la violence se permet de tuer par «raison d’Etat», ou bien en envoyant les citoyens dans les champs de bataille, bien loin du «tu ne tueras point».

De surcroît, Enfin, L’Etat par les impôts volent l’argent gagner honnêtement, et au contraire, ce sont les classes populaires qui en souffrent le plus, ainsi il va contre le commandement : «Tu ne voleras point».

Enfin, l’Etat dans son bon vouloir peut exproprier autrui ou l’imposer dans la limite du supportable et ainsi aller contre le dernier des commandements : «Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain».

En outre, l’Etat moderne est né en réaction contre la papauté. En France par exemple, il est né contre les prétentions du Saint Empire Romain Germanique et de la papauté. Au XVIème siècle, l’Etat s’est accru contre les guerres de religion. L’Etat unissait les français, sous l’autorité certes du roi Très Chrétien, mais de plus la religion.

C’est à l’époque antique et médiévale, où l’Etat était le plus léger que la religion était le plus importants aux populations. C’est à partir de l’époque moderne que la société a commencé à se séculariser, et c’est au XXème siècle, époque de l’athéisme régna que le totalitarisme a pris son essor : "le drame du XXe­ siècle n'est pas né d'un excès de Dieu mais de sa redoutable absence. Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran, restituée dans son contexte et la plénitude de sa signification, qui puisse s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXe­ siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans Dieu". Nicolas Sarkozy.

Oui de l’époque moderne à l’époque actuelle la puissance étatique n’a pas cessé d’accroître au détriment de Dieu. César s’est fait Dieu.

Entre l'Etat païen de l'Antiquité et l'Etat païen de nos jours, il y a l'Eglise catholique, dont l'Etat païen d'aujourd'hui revendique et usurpe l'autorité spirituelle. En tant même qu'athée, l'Etat moderne est totalitaire de plein droit. Etienne Gilson

Pour conclure, je noterai que les premières critiques de l’Etat absolu ou administré de Louis XIV est venu de prélats catholiques.

Le libéralisme antichrétien ?

Je ne nierai pas que les papes, avec leur sagesse ont condamné à maintes reprises le libéralisme philosophique, mais celui-ci était issu des lumières. La principale cause est son rationalisme excluant la foi, et son athéisme.

Ce pendant, il existe une école libérale issue du catholicisme, jamais condamnée par la Papauté.

Tout d’abord, commençons par la fin, mais du début des «lumières».

Le premier penseur libéral français fut un évêque, Fénelon, un des tout premier à avoir critique l’absolutisme de Louis XIV trouvant que ce système l’éloignait du roi Très Chrétien (c’est en partie vrai). En prenant appui sur le droit canon, Fénelon, en homme d’Eglise attaqua la monarchie absolue, pour la promotion d’un gouvernement juste, respectant le droit naturel.

Le gouvernement juste fut modéré par une aristocratie, les Etats Généraux réunissent tous les trois ans, indépendamment du roi. Il annonce par là Montesquieu, mais s’inspire très largement du gouvernement Mixte d’Aristote.

Il ne fut pas un relativiste religieux, puisque lors de ses prêches, il s’en prit au protestantisme.

La liberté ne va pas contre la Vérité « la vérité vous rendra libre ».

Ce pendant, une tradition libérale peut être remonté plus loin, l’école de Salamanque, puis encore plus à Saint Thomas d’Aquin.

Pour faire court, les thomistes de l’école de Salamanque développèrent des idées pré libérales. Premièrement, l’Etat et l’Eglise sont deux réalistes distincts. L’Etat est un concept humain, rien de divin. De là découle une souveraineté populaire (dont l’autorité est détenu par Dieu « Omnis potestas a Deo ») où le peuple se choisit un roi. Cette école a été soutenue par le Pape contre les prétentions absolutistes et de monarchie de droit divin. Ainsi, contrairement à une monarchie de droit divin (théorie hérétique issu du nominalisme et du protestantisme), le peuple a droit à déposer le roi voir au tyrannicide. A l’époque médiévale, il ne fut nul doute que la couronne de nos rois était octroyée par le peuple « à l’origine, les peuples souverains créent des rois par leur suffrage » Philippe Pot. Confirmé plus tard par Louis XV :

"Nous espérons que Dieu, qui conserve la Maison de France depuis tant de siècles, & qui lui a donne dans tous les temps des marques si éclatantes de sa protection, ne luy sera pas moins favorable a l'avenir, & que la faisant durer autant que la Monarchie, il détournera par sa bonté le malheur qui avoit elle l'objet de la prévoyance du feu Roy: Mais si la Nation Françoise éprouvoit jamais ce malheur, ce seroit à la Nation mesme qu'il appartiens droit de le réparer par la sagesse de son choix; & puis que les Loix fondamentales de nostre Royaume Nous mettent dans une heureuse impuissance d'aliéner le Domaine de nostre Couronne, Nous faisons gloire de reconnoitre qu'il Nous eft encore moins libre de dispofer de nostre Couronne mesme: Nous il avons qu'elle n'est a Nous que pour le bien & pour le salut de l'Estat & que par confequent l'Estat seul auroit droit d'en disposer dans un triste événement, que nos Peuples ni prévoyent qu'avec peine, & dont Nous sentons que la feule idée les afflige."

Ils mettent aussi en lumière, le droit naturel. Ainsi, Vitoria défendit les indiens en tant qu’homme bien qu’ils fussent dans une société païenne et pas encore évangélisés. Enfin en économique, ils défendent la propriété privée, les échanges les intérêts… tout ce qu’il fait une économie moderne. Au XVIIIème siècle, c’est ce courant spirituel, « les jésuites » qui seront le fer de lance contre les penseurs des lumières. Le plus célèbre et l’abbé Berthier avec le journal de Trévoux. Louis XV a préféré renvoyé les jésuites avec leurs idées régicides en gardant les penseurs des lumières, tel Voltaire qui fut un absolutiste. « Louis XIV sans les jésuites ».

Enfin, je terminerai avec Montalembert, chef de fil des libéraux catholiques (à ne pas confondre avec les l catholiques libéraux comme Lamennais). Celui-ci voulait que le catholicisme soit libéré de la tutelle de l’Etat et réclamait pour les catholiques, la liberté de presse, d’opinion, d’enseignement, de conscience et de culte et une France décentralisée renouant avec l’époque médiévale et voit dans les libertés provinciales le « contrepoids naturel du pouvoir politique ».

Ainsi, le libéralisme s’est attaqué contre un Etat qui a pris la place de Dieu. Quand l’Etat était faible, la chrétienté rayonnait (l’époque médiévale), depuis 5 siècles, l’Etat s’est renforcé pour connaître l’apogée au XXème siècle avec les socialismes (national ou communisme) et c’est là où l’athéisme a été le plus fort. Comme l’indique Charles Gave dans Un libéral nommé Jésus, les régimes socialistes se sont toujours pris aux religieux, jamais des pays libéraux qui sont pour la liberté de conscience et de religion par principe.

De la nécessité de défendre le libéralisme, actuellement contre la République.

Depuis la fin du XIXème siècle, c’est-à-dire l’instauration de la République les lois françaises ne sont plus d’essence libérale, nous l’avons vue avec la fausse séparation de l’Eglise et de l’Etat et de la liberté d’association sont des exemples. Mais depuis 1945, nous voyons des lois qui ont une philosophie d’essence marxiste : avec des « droits à » : au logement, à la santé, à l’école… qui renforce le rôle de l’Etat. Depuis 2005, nous avons la HALDE qui interdit à un employé ou un propriétaire de choisir librement son employé ou son locataire, sous peine d’être traité de fasciste, raciste, machisme… enfin bref « d’être d’extrême-droite ».

Quelles sont les solutions libérales qui pourraient résoudre certains de nos problèmes ?

Une saine laïcité :

« L'Etat est toujours antireligieux, même quand il administre la religion, surtout quand il l'administre; car il ne l'administre que pour la supprimer comme religion véritable » Emile Faguet.

Sous le nom de la Séparation de l’Eglise et de l’Etat se cache en fait un gallicanisme républicain. Jusqu’à Benoit XVI, les papes par exemple n’étaient pas tout à fait libres de choisir les évêques de France, le président de la République donnait son choix. Nous voyons les résultats.

La République et la démocratie moderne ont absorbé les religions. Il est bon ton dans les épiscopats d’affirmer que la démocratie et les valeurs de la République se retrouvent dans les Evangiles. De prendre position, dans le sens du politiquement correct (immigration en particulier) quitte à être à l’opposé de la Doctrine Sociale de l’Eglise.

Les lois sur les discriminations pourraient s’appliquer à l’Eglise Catholique qui doit se soumettre à la « volonté générale » et accepter la prêtrise des femmes, le mariage des prêtres, le mariage entre homosexuels…. L’Etat se permet de changer des dogmes de l’Eglise mais interdit à l’Eglise de participer à la vie politique, voir à des catholiques.

Ainsi, dans une « saine laïcité » d’essence libérale, les catholiques pourraient préserver leurs dogmes, leurs rites et s’organiser par eux-mêmes nous verrons par la suite dans quels domaines.

2. Les catholiques dans la cité.

Cette même laïcité n’interdit pas aux catholiques de participer à la vie politique. Au nom de la laïcité « à la française » des « catholiques » se permettent d’avoir deux consciences : l’une le dimanche, l’autre en semaine quand ils votent des lois anticatholiques.

La République rend très difficile la création d’école libre selon ses opinions, ses croyances. L’école libre avec contrat est soumise au programme « républicain et démocratique » pouvant aller contre le cours du catéchisme. L’école libre est devenue la roue de soupape de l’école publique qui en perdition.

Comme les catholiques, les libéraux sont pour la liberté de choix de l’école, d’enseignement, tous ce qui peut permettre aux catholiques de former des bons esprits selon la doctrine sociale de l’Eglise.

Enfin, l’Etat socialiste a transformé, la vertu théologale de la charité en solidarité imposé et imposable. Pire encore. Si nous aidons notre voisine âgée à faire du jardinage sans être payé, l’Etat pourrait voir en vous un esclave. La charité privée plus efficace doit être prioritaire dans la politique sociale. Cela fait parti d’une citoyenneté active et plus humain d’avoir affaire à des individus qu’à des services étatiques.

Enfin l’immigration. Gérée par l’Etat c’est une catastrophe, nous le voyons depuis trente ans. Les libéraux sont pour la liberté de circulation. Si les immigrés venaient par invitation par des particuliers, entreprises ou associations, sous leurs responsabilités, l’immigration serait moindre, de meilleure qualité et poserait moins de problème. Encore une fois l’Etat est le problème.

A l’heure où les libertés d’expression, d’opinion, d’enseignement, de choisir son employés ou son locataires sont menacées, il serait de nous unir à un certain courant libéral. Le libéralisme, qui comme toutes les idéologies n’est pas parfaites, semble être la moins pire et peuvent nous permettre de combattre la République socialisante.

vendredi 14 mars 2008

Anti-nazi avant l'heure

"Un statut nouveau de l’humanité se prépare, un code de nouveaux devoirs auprés desquels les pauvres petites corvées et translations pangermanistes de 1918 feront l’effet de jeux d’enfants. Le racisme hitlérien nous fera assister au régne tout-puissant de sa horde, et, dernier gémissement de nos paisibles populations ahuries, il sera contesté que d’aussi révoltantes iniquités puissent être éclairées par notre soleil, le soleil du XX° siécle."
Charles Maurras - 1937

mercredi 27 février 2008

La révolution sanglante

Voilà un livre qui fera date dans l’histoire. Les plus grands historiens de notre époque se penchent sur cette période noire de l’Histoire de France et reconnaissent le Génocide Vendéen .

Le livre noir de la Révolution Française : ouvrage écrit sous la direction de Renaud Escande fera date dans l'histoire. Les plus grands historiens, philosophes, essayistes se penchent sur cette période noire de l'Histoire de France et reconnaissent le Génocide Vendéen .
Enfin, la vérité éclate : La Révolution Française a commis des actes criminels allant jusqu'au génocide en Vendée. L'Histoire réécrite par Michelet est dénoncée. L'Histoire occultée par Jules Ferry et les Hussards de la République revient au grand jour parée de la Vérité. La Révolution Française est montrée, décrite sous son vrai jour.

Reynald Secher explique :
" Cet ouvrage n'entend pas " noircir " des faits qui témoignent par eux-mêmes. Cette violence inouïe, qui se réclamait des Lumières, produisit une onde de choc telle qu'elle devait s'étendre sur plusieurs générations. Le bicentenaire de la révolution aurait du être l'occasion d'aborder, hors idéologie, cette période. Non seulement il n'en a rien été mais tout a été fait par rapport au dogme officiel. "

Reynald Secher clame depuis 20 ans : " Le drame vendéen est bien un génocide matriciel comme l'avait si bien vu, dès 1795, Gracchus Babeuf. Le génocide vendéen permet de mieux comprendre les génocides juif et arménien". Aujourd'hui, Reynald parle de mémoricide : " Au niveau du droit international, c'est l'occasion d'élargir le champ d'action du concept de génocide à la mémoire et de définir le crime de mémoricide. Les assassins de la mémoire sont dangereux. La Vendée négationniste est de la même nature que le négationniste juif ou arménien ".
Ce sont des intellectuels de renom commd Jean Tulard, Jean de Viguerie, Pierre Chaunu Stéphane Courtois ou Emmanuel Le Roy Ladurie qui viennent renforcer la thèse de Reynald Secher.

Avec les contributions de Jacques Alibert, Pascale Auraix-Jonchière, Michaël Bar-Zvi, Henri Beausoleil, Christophe Boutin, Jean-Pierre et Isabelle Brancourt, Jean des Cars, Bruno Centorame, Pierre Chaunu, Jean Charles-Roux, Stéphane Courtois,crapez, Dominique Decherf, Ghislain de Dlesbach, Jean Dumaine, Bernard Fixes, Alexandre Gady, Jean-Charles Gaffiot, Jean-François Galinier-Pallerola, Pierre Glaudes, Stéphane Giocanti, Jacques de Guillebon, Fabrice Hadjadj.Tancrède Josseran, Philippe Lauvaux, Emmanuel Le Roy Ladurie, Xavier Martin, Frédéric Morgan, Alain Néry, Arnaud Odier, Paul-Augustin d'Orcan, Dominique Paoll, Jean-Christian Petitfils, Jean-Michel Potin, Pierre-Emmanuel Prouvost d'Agostino, Frédéric Rouvillois, Jonathan Ruitz de Chastenet, Reynald Secher, Jean Sévillia, Renaud Silly, Rémi Soulié, Sarah Vajda, Marc Jean Tulard, Jean de Viguerie, Grégory Woimée ainsi que de nombreux textes et documents inédits.

Le livre noir de la Révolution Française, Edition du Cerf, 882 pages, 44 €.

jeudi 7 février 2008

L'Europe mérite la Vérité

Par Jean d’Orléans, Duc de Vendôme

L’Europe qui nous est proposée correspond-elle aux vœux des Français et des peuples européens ? Répond-elle, dans son projet, aux aspirations d’une jeunesse en quête de sens ? J’ai beaucoup voyagé, depuis dix ans, en France comme en Europe. Pas comme un homme politique qui brigue un mandat, mais comme un citoyen attentif à la vie de ses compatriotes et soucieux du destin de la France et de ce continent. J’ai pris le temps d’écouter et je sais – parce que nous en avons parlé ensemble – que beaucoup de Français ne comprennent pas où l’on veut les conduire. Cette incompréhension crée de l’inquiétude dans le pays et du désarroi dans la jeunesse. La France ne s’ennuie pas, elle s’inquiète.

Les Français ont tenté de le dire, quand on le leur a permis. En 2005, ils ont refusé, par référendum, le traité constitutionnel qui leur était soumis. Cette fois, ils ne pourront pas se prononcer sur un texte qui reprend pourtant l’essentiel des dispositions qu’ils avaient rejetées. Le traité de Lisbonne prévoit la désignation d’un président de l’Union européenne et celle d’un vice-président chargé des Affaires étrangères. Il étend les compétences de l’Union dans de nombreux domaines, au détriment de celles des États. Il assure la prééminence du droit européen sur les droits des pays. Il confirme l’extension de la règle de la majorité qualifiée. On nous présente un projet politique qui se résume à de l’ingénierie administrative. Même si les références à l’hymne et au drapeau européens ont été gommées dans cette nouvelle version, et bien que le mot n’y figure plus, il s’agit pourtant d’une Constitution, qui s’appliquera au peuple français sans qu’on l’ait consulté – comme souvent, s’agissant de l’Europe. Mais comment rendre espoir aux Français si l’on se défie d’eux? Comment rendre à la France son rang dans le monde si l’on contraint sa souveraineté par un traité tatillon ? Comment rendre confiance aux jeunes Européens si l’on bâtit une Europe sans âme, dans le mépris de son patrimoine spirituel?

J’ai 42 ans. J’en avais 13 quand Jean-Paul II est devenu pape. J’appartiens à la génération de ces jeunes qui ont vécu au rythme de ce pape des temps modernes. Nous l’avons vu précipiter la chute de l’Union soviétique, par la force de ses paroles et de son action. Cet empire, que l’on croyait inébranlable, était construit sur une utopie. La bureaucratie qui le gouvernait méprisait les exigences humaines et spirituelles. Elle promettait aux hommes un bonheur matériel qui ne remplacera jamais leurs aspirations profondes. Elle les contraignait à l’adoration d’idoles, qu’ils ont déboulonnées dès qu’ils l’ont pu. L’Union soviétique était fondée sur un mensonge, au moins par omission des racines culturelles des peuples qu’elle a voulu soumettre à ses lois.

Parce que je suis attaché à l’Europe, comme la majorité des jeunes et des gens de ma génération, je souhaite qu’elle soit préservée de cette périlleuse présomption. L’Union ignore trop souvent la culture et les richesses des pays qu’elle veut rassembler. Bien qu’elle ne soit responsable devant personne, la Cour de justice impose aux États sa jurisprudence. Le droit européen consacre le pouvoir d’une technocratie qui veut régler la vie des peuples dans ses moindres détails. Or, le pape actuel, Benoît XVI, l’a rappelé l’an dernier avec force: «On ne peut pas penser construire une vraie maison commune en négligeant l’identité propre des peuples de notre continent». Et cette identité est «constituée de valeurs que le christianisme a aidé à forger».

Cette évidence historique n’a pas convaincu les rédacteurs de la charte des droits fondamentaux, annexée au traité. Nulle référence, dans ce texte, aux racines chrétiennes de notre Europe, bien que l’Union se dise « consciente de son patrimoine spirituel et moral»: la formule est assez vague pour autoriser toutes les interprétations. Il suffit, d’ailleurs, de la lire pour le comprendre: l’inspiration de cette charte est foncièrement individualiste. Elle dissout les solidarités et les communautés naturelles, comme le traité soumis au Parlement français dissout les nations européennes. Croit-on vraiment que ce soit ce que souhaitent les jeunes Européens? Si nous voulons qu’elle résiste aux tempêtes, il nous faudra fonder l’Europe sur quelque chose de plus solide. Non sur l’utopie, mais sur la Vérité.